Courtage · Statut

Réforme du courtage : l'association professionnelle agréée

C'est une obligation d'existence, pas une formalité : sans adhésion à une association agréée par l'ACPR, un courtier d'assurance ou un IOBSP ne peut plus être immatriculé à l'ORIAS. Le point sur le champ exact de l'obligation, ce que l'association contrôle, et ce qui se passe en cas de rupture d'adhésion.

Publié le 28 juillet 2026 · VALORIALE FORMATION — organisme certifié Qualiopi

L'essentiel en 30 secondes. La loi n° 2021-402 du 8 avril 2021 a créé l'obligation, pour les courtiers d'assurance ou de réassurance et les courtiers en opérations de banque et en services de paiement — ainsi que leurs mandataires —, d'adhérer à une association professionnelle agréée par l'ACPR. Les textes de référence sont l'article L. 513-3 du code des assurances et l'article L. 519-11 du code monétaire et financier. Sans adhésion, pas d'immatriculation à l'ORIAS : c'est une condition d'exercice, pas une formalité.

Pourquoi cette réforme

Le courtage regroupe plusieurs dizaines de milliers d'acteurs, souvent de très petite taille, pour un superviseur unique. La réforme a choisi une voie intermédiaire entre le contrôle direct et l'absence de suivi : confier à des associations agréées une mission de vérification et d'accompagnement de leurs membres, sous la supervision de l'ACPR. L'agrément de ces associations est délivré par l'ACPR, et le dossier à produire est fixé par un arrêté du 1er décembre 2021.

Qui doit adhérer

  • les courtiers d'assurance et de réassurance, personnes physiques et sociétés immatriculées au registre du commerce pour cette activité ;
  • leurs mandataires ;
  • les intermédiaires en opérations de banque et en services de paiement exerçant en qualité de courtier, et leurs mandataires.

Sont en revanche hors du champ, notamment, les agents généraux d'assurance, les intermédiaires agissant sous l'entière responsabilité d'une entreprise d'assurance, ainsi que les intermédiaires établis dans un autre État membre intervenant en libre prestation de services ou en libre établissement.

Le piège des statuts multiples. Beaucoup de cabinets cumulent : courtier d'assurance et IOBSP, parfois avec des mandataires. L'obligation s'apprécie statut par statut. Une association peut couvrir plusieurs catégories, mais encore faut-il vérifier que son agrément porte bien sur celles que vous exercez.

Ce que l'association vérifie

L'association agréée n'est pas un simple syndicat : elle exerce une mission de contrôle sur ses membres. Concrètement, elle vérifie qu'ils remplissent et continuent de remplir les conditions d'accès et d'exercice de la profession :

  • l'honorabilité des dirigeants et des personnes en contact avec la clientèle ;
  • la capacité professionnelle et le respect de l'obligation de formation continue — 15 h en DDA, 7 h en DCI ;
  • la souscription d'une responsabilité civile professionnelle en cours de validité ;
  • la garantie financière lorsque le cabinet encaisse des fonds pour le compte de tiers ;
  • le respect des règles de bonne pratique et de déontologie qu'elle édicte.

Elle offre en contrepartie un service d'accompagnement, un dispositif de médiation, et elle peut prononcer des sanctions disciplinaires à l'égard de ses membres. Elle signale à l'ACPR les manquements qu'elle constate.

La mécanique avec l'ORIAS

L'adhésion conditionne l'immatriculation. En pratique, l'association transmet à l'ORIAS l'information selon laquelle le professionnel est bien membre, et cette information est vérifiée à chaque renouvellement annuel d'immatriculation. Un cabinet dont l'adhésion prend fin — non-paiement, radiation disciplinaire, dissolution de l'association — se trouve donc exposé à un refus de renouvellement ou à une radiation du registre, c'est-à-dire à l'impossibilité pure et simple d'exercer.

Ce n'est pas théorique : plusieurs associations ont vu leur agrément retiré depuis la mise en place du dispositif, obligeant leurs membres à retrouver dans l'urgence une structure agréée. La liste officielle des associations agréées est publiée par l'ACPR — c'est la seule source à consulter avant d'adhérer, et à revérifier périodiquement.

Votre check-list annuelle

1
Vérifier que votre association est toujours agréée

Sur la liste publiée par l'ACPR. À faire une fois par an, avant la campagne de renouvellement.

2
Contrôler la couverture de vos statuts

Assurance, IOBSP, mandataires : chaque statut exercé doit être couvert.

3
Régler la cotisation dans les délais

Le défaut de paiement est la première cause de perte d'adhésion — et donc d'immatriculation.

4
Rassembler les justificatifs de formation continue

Attestations nominatives par personne et par obligation. Voir notre analyse sur la formation continue.

5
Mettre à jour RC professionnelle et garantie financière

Attestations en cours de validité, montants conformes, périmètre d'activité exact.

6
Vérifier l'honorabilité des nouveaux entrants

Tout recrutement en contact avec la clientèle déclenche cette vérification, et elle se conserve.

Ce que nous faisons de ce sujet

La vérification du statut — immatriculation, adhésion, RC professionnelle, garantie financière, honorabilité, formation continue — constitue le premier chapitre de notre audit de conformité. C'est le socle : tant qu'il n'est pas propre, le reste n'a pas d'intérêt. Nos formations IAS et IOBSP intègrent également ce cadre statutaire.

Sources officielles

Cet article est une note de veille à vocation pédagogique. Il ne constitue pas une consultation juridique et ne dispense pas de se reporter aux textes en vigueur.

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